JO de Tokyo : première participation d'une athlète transgenre, ses adversaires s'en plaignent


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Laurel Hubbard, haltérophile néo-zélandaise, sera donc bel et bien la première sportive transgenre à concourir aux Jeux Olympiques, cet été 2021, à Tokyo. Le Comité International Olympique (CIO) a adopté un nouveau système de sélection et validé la possibilité pour Laurel Hubbard de concourir avec les femmes.


Auparavant, Laurel s'appelait Galvin, et pratiquait déjà l'haltérophilie en compétition, mais dans la catégorie masculine. Sa transition a été faite en 2013.


Le choix de valider sa qualification n'est pas du goût de tout le monde, et notamment de certaines de ses adversaires, dont la belge Anna Van Bellinghen qui s'est exprimée lors d'un entretien accordé à Inside the Games :

« Cette situation est injuste pour les athlètes »

« Tout d'abord, je voudrais souligner que je soutiens pleinement la communauté transgenre et que ce que je m'apprête à dire ne vient pas d'un lieu de rejet de l'identité de cet athlète ». A-t-elle commencé par rappeler.


« Je suis consciente que définir un cadre juridique pour la participation des transgenres au sport est très difficile car il existe une variété infinie de situations, et qu'il est probablement impossible d'arriver à une solution entièrement satisfaisante, de part et d'autre du débat.

Cependant, quiconque a entraîné l'haltérophilie à un niveau élevé sait que cela est vrai dans ses os : cette situation particulière est injuste pour le sport et pour les athlètes ».


« Je comprends que pour les autorités sportives, rien n'est aussi simple que de suivre votre bon sens, et qu'il y a beaucoup d'impraticabilité lors de l'étude d'un phénomène aussi rare, mais pour les athlètes, tout cela ressemble à une mauvaise blague. [...] Bien sûr, ce débat se déroule dans un contexte plus large de discrimination à l'encontre des personnes transgenres, et c'est pourquoi la question n'est jamais exempte d'idéologie ».


« Parce que je pense que tout le monde devrait avoir accès au sport, mais pas aux dépens des autres »

« Cependant, la nature extrême de cette situation particulière démontre vraiment la nécessité de mettre en place un cadre juridique plus strict pour l'inclusion des transgenres dans le sport, et en particulier les sports d'élite.

Parce que je pense que tout le monde devrait avoir accès au sport, mais pas aux dépens des autres ».


Ces réserves, elle n'est pas la seule à les avoir puisque dès 2017, Jerry Wallwork, Président de la Fédération samoane d'haltérophilie, les avait déjà émises au sujet de Laurel Hubbard. Inside the games rappelle d'ailleurs que « des athlètes des États-Unis et de la Grande-Bretagne sont potentiellement affectés mais, naturellement, eux et leurs fédérations nationales n'ont manifesté aucun désir de commenter la controverse. »


Plus largement, sur les réseaux sociaux, la question divise. Un hashtag #ProtectWomensSport a même vu le jour.




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